Spartan Race partie 2 // Portrait d'un Elite: Grégoire Rezzonico image
On a testé

20, juillet, 2016

Spartan Race partie 2 // Portrait d'un Elite: Grégoire Rezzonico

Le Jour J: la course:

Ça y est nous y sommes, cinq mois que cette course nous occupe l’esprit, il est enfin temps de prendre le départ.
Ce moment avant le coup d’envoi est magique : musique à fond, les membres du staff Spartan déguisés en spartiate, qui mettent le feu et nous chauffent comme la braise, le tout sous un ciel noir et menaçant. Il y avait de quoi se croire dans un film ! Mais je retiendrai vraiment cette ambiance bon enfant car malgré tout, personne ne se prend vraiment au sérieux et tout le monde a sa place dans ce grand péplum sportif.

Le décompte est lancé, et c’est parti ! Les cinq premiers kilomètres se feront au niveau du parc des Dérêches avec pas mal d’obstacles mais peu de dénivelé donc ça se passe plutôt bien pour tout le monde. J’ai droit à mes premières pénalités burpees car j'échoue sur la slackline, le mur de grimpe et le lancé de javelot. Je suis par contre très fière de moi pour la montée à corde lisse, ça passe ! Les nombreux passages dans l’eau sont assez effrayants mais au final pas si difficiles. Non..non le plus dur reste à venir...avec le dénivelé. Nous quittons le parc des Dérêches puis traversons Morzine pour finalement sortir du village et rejoindre le "chemin du Renard" qui nous emmène vers...la pointe de Nyon ! Je vous assure que je ne regarderai plus jamais cette montagne de la même façon ! À partir de ce moment, je commence à souffrir de mon genou gauche et malheureusement ça ne me quittera plus jusqu'à la fin. On grimpe, on grimpe et on grimpe encore. Ça n’en finit plus. Le tout entrecoupé d’obstacles, évidemment, et sous une pluie battante. Le groupe commence à se scinder en trois, je suis au milieu jusqu’à la pointe.

La descente sera ensuite un enfer car la douleur à mon genou s'intensifie et devient presque insupportable. Je bénis presque le passage dans lac de Chamossière car la fraîcheur de l'eau  soulage un tout petit peu ma blessure. Mais ce sera de courte durée ! Arrive ensuite la pire épreuve de la course: le porté de sac de sable : porter un sac de 15 kg sur un trajet dont la moitié est en montée verticale ! Là, j’ai vraiment compris ce que veut dire “avoir du mental”. Les quelques furieux en tête nous ont mis une bonne longueur d’avance et je ne sais pas du tout ce qu’il en est pour ceux derrière moi. Je suis avec mon coequipier, mon “partner in crime de toujours”, Julien, qui me soutient, me pousse et me console quand je craque. Mais finalement je tiens bon et je commence à voir la lumière au bout du tunnel. Il restera encore ce passage terrible pour mon mental: les chaînes. Je me trompe de charge et je me retrouve avec une chaîne pour homme sur le dos que je dois porter sur près d’un km : j’ai le haut du dos cisaillé.

Quand enfin nous nous rapprochons du village, je maudis Spartan Race de toutes mes forces quand je constate que le chemin nous fait bifurquer vers le Pleney ! Si près du but, 20 km dans les pattes, plus de cinq heures sans manger et il faut de nouveau gravir une montagne ! Mon genou me fait tellement souffrir que je dois adopter une démarche qui fait peur durant cette dernière montée infernale. Pour couronner le tout, le sol est terriblement boueux à cause de la pluie presque incessante ! Mais là arrive un moment magique car ma coéquipière Lily, qui était loin derrière nous à cause d'un problème au genou identique au mien (saleté de syndrome du TFL !) a réussi à nous rattraper à grands coups de pas claudiquants ! On  pleure dans les bras l'une de l'autre !... c’est intense ce que nous vivons à ce moment là.

Quand enfin nous retournons vers le centre du village, je suis carrément en pilote automatique. Il reste beaucoup d’obstacles à passer mais tout me semble dérisoire à côté de l’enfer que je viens de vivre en montagne.
Et là, nous y sommes: je vois au loin la fumée du dernier obstacle, le "fire jump". Il faudra tout d’abord passer les monkey bars mais je glisse très vite et échoue. Pas grave ! M’en fiche ! Je vois les têtes réjouies de mes furieux qui nous attendent de pied ferme, non sans craindre que nous ayons abandonné à cause de nos genoux respectifs. Ma mère est en pleurs, elle se faisait du souci et je pense est émue en me voyant pleine de boue, blanche de fatigue et marchant comme une estropiée.
Dernier obstacle, hop ! Un saut de cabri au dessus du feu. This is it. I'm a Spartan baby. Aaarrooooo

Spartan bien équipée...et stylée: 

Pour ceux qui me connaissent déjà un petit peu, vous savez que j'aime faire mon fitness et mon sport en général, avec de jolies tenues.
Alors même si la Spartan se court plutôt sous le signe de la crasse et de la boue, j'ai mis un point d'honneur à ce que nous soyons méga stylés sur la ligne de départ !
Pour cela j'ai donc fait appel à la boutique Melsfit Store à Genève et qui a accepté de nous sponsoriser en nous offrant nos tenues officielles Spartan de chez Reebok.

Ce n'est évidemment pas indispensable d'avoir les tenues complètes de chez Reebok et ce n'est pas cela qui vous rendra plus fort mais très honnêtement nous avons tous été agréablement surpris par la super qualité du haut à manches longues que Melsfit Store nous avait fourni.
En un rien de temps la matière séchait si nous passions dans l'eau et dans la boue et cela nous a permis de nous tenir chaud dans les phases où la météo n'était vraiment pas avec nous.
Le tissu est tellement léger et extensible qu'il n'y avait aucune gêne dans les mouvements ce qui s’est avéré indispensable pour certains obstacles. On a pu constater que beaucoup de participants faisaient  la course torse nu pour être complètement libre de leurs mouvements mais il faut tout de même être sûr de ne pas se prendre un coup de froid!

Voici quelques conseils vestimentaires que je n'ai pas regrettés le jour J:

Spartan fournit un bandeau que vos mettez autour de la tête en guise de dossard mais je vous conseille en prime de vous attacher les cheveux pour ne pas être gênées.

Si la météo est incertaine, préférez un haut à manches longues si possible très extensible qui absorbe et rejette l'humidité. En cas de forte chaleur vous opterez plutôt pour un débardeur ou tout simplement votre brassière qui au passage, doit bien vous maintenir la poitrine.

Pendant la course, vous aurez beaucoup de passages au sol durant lesquels vos coudes et vos genoux vont venir frotter le sable, la terre ou encore le bois des obstacles. Je vous conseille donc vivement de porter des genouillères et des coudières en tissu qui vous permettront de minimiser les égratignures.

J’ai décidé de courir la Spartan en short car je déteste avoir chaud aux jambes et surtout j'aime être libre de mes mouvements. Cela ne tiendra qu'à vous. Toutefois, si vous décidez d'effectuer la course en short, il est indispensable de porter des chaussettes hautes pour vous protéger les tibias.

Avant la course nous avions eu un grand débat avec l'équipe sur l'utilité des gants. J'avais plusieurs fois entendu que le port des gants pouvait gêner sur certains passages d'obstacles à cause de l'accumulation de boue qui rendrait la prise glissante. En ce qui me concerne, j'étais ravie d'avoir les miens et je les ai portés du début jusqu'à la fin !

Enfin pour les chaussures, il est indispensable d’investir dans des sneakers type “trail” avec des crampons et qui évacuent l’eau.

Portrait d’un Spartan élite: Grégoire Rezzonico

Greg a déjà à son actif dix-sept podiums pour dix-huit courses d’obstacles courues (Spartan Race, D-Day..) depuis le début de son aventure dans ce milieu.

Il est donc en train de gravir les sommets de la gloire et j’ai eu la chance d’obtenir une interview de lui, voici son portrait.

Greg, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m'appelle Grégoire Rezzonico, je suis un jeune sportif de 23 ans et je travaille chez Manor Vésenaz en tant qu'employé de commerce dans le rayon des fruits et légumes. Etant fan de la méthode paléo, j'en suis ravi. Niveau école j'ai fait l'ECG en obtenant un très bon diplôme, mais ça s'arrête là n'étant pas un grand fan des études.

Avant les courses à obstacles, il y avaient quoi . As-tu toujours été un grand sportif ?

Je suis né sportif, je mange sportif et je vis sportif... Toute ma famille est sportive. Le sport a toujours été pour moi une passion, carrément un mode de vie. À l'école je n'avais beau pas être le plus intelligent,  s'il y avait bien un truc où j'assurais, c'était le sport. J'ai fait de la natation, du football, du breakdance, de la boxe thaï... mais la course a toujours été pour moi une de mes disciplines préférées. Actuellement mon entraînement se base sur le running et le Crossfit, que j'ai découvert il y une année grâce à mon papa, et je kiffe grave. D'ailleurs je vous invite à venir visiter ma Box CrossfitLeRouge. C'est de là que j'ai découvert les courses à obstacles et plus précisément les Spartan Race dont je suis tombé amoureux.

A quand remonte ta toute première  Spartan ?

Ma première Spartan, quelle aventure! C'était au mois de septembre l'année dernière en Autriche à Oberndorf. J'avais déjà l'expérience de la course à pied et fait plusieurs trails de longues distances du coup j'avais choisi le plus grand parcours (Beast) et j'ai tout de même fini 3ème. C'était incroyable: courir dans la forêt, les montagnes, tout en ayant des obstacles avec un dénivelé de fou, j'ai su que c'était une discipline pour moi.

Quels sont tes obstacles favoris (si je puis dire !)?

Je n'ai pas vraiment de préférence, je les apprécie tous sauf peut-être deux que je citerai en dessous. J'aime autant la nage, que la grimpe, que le rampé, que le tirage, que la portée...

Cependant j'aime quand les obstacles demandent un effort long et intense (quand ça fait mal) avec une certaine concentration comme le sandbag ou encore le monkey bar.

Et le ou les redoutés(s) ?

Là, je peux dire que j'ai deux épreuves redoutées qui sont le javelot et le mémoire code. Je ne dis pas que je les rate à tous les coups, mais ils m'ont déjà fait perdre une place à la fin de la course.

Parlons entraînement ! C'est quoi la routine sportive d'un spartiate élite?

L'entraînement, c'est tous les jours, il n'y a pas de secrets. Pour moi, c'est un besoin, je ne peux pas rester deux jours sans rien faire. Je m'entraîne avant tout pour les compétitions mais pas que; je m'entraîne aussi pour une bonne hygiène de vie et rester en forme. Je n'aime pas la routine parce que je me lasse très vite de faire toujours la même chose, au contraire j'essaie de toucher à tout: natation, vélo, escalade, un petit peu de yoga... afin de rester motivé. Mon principal entraînement est basé comme je l'ai dit avant sur la course à pied et le Crossfit. Le Crossfit est vraiment une discipline très complexe et m'a beaucoup aidé pour mes performances. Mes charges d'entraînement varient selon les semaines. Quand j'enchaîne les week-ends avec des grosses compétitions, je m'entraînais une voire deux fois dans la semaine pas plus. Quand c'est plus relax je fais le maximum, deux entraînements par jour.

As-tu des trêves ? Te laisses tu des périodes sans courses et avec moins d'entraînements ?

Le repos à vrai dire je ne connais pas vraiment, j'ai des compétitions quasi tous les week-ends et quand ce ne sont pas des courses à obstacles, ce sont les trails ou les courses sur route. Cette année mon objectif est de faire un maximum de compétitions afin d'être au sommet de tous les classements, de me faire un nom et pour cela je ne peux pas relâcher. Parfois les gens me disent que j'en fait un peu trop, mais c'est plus fort que moi, le sport est ma vie. Et tant que je peux continuer de m'entraîner comme je l'ai fait jusqu'à présent et ben je le ferai. Bon ..les vacances sont un peu plus soft !

J’imagine que cette discipline prend tout ton temps, est-ce que ton entourage (famille, amis...) est derrière toi pour chaque course ?

J'ai la chance d'avoir une famille sportive, qui me suit dans tous ce que je fais. Mon père a toujours été un modèle pour moi, c'est un peu grâce à lui si j'en suis là aujourd'hui. J'ai trois frères et maintenant les Spartan Race sont carrément devenues une histoire de famille. Non seulement ils y participent mais font de très bons résultats; une famille de sportifs je vous dis! Alors imaginez les parents ! ils sont trop fiers de moi et de nous.Les amis sont là aussi et pas qu'un peu. Aujourd'hui grâce à mes performances, je suis comme une star (si je peux me permettre) dans le monde des Spartan. J'ai beaucoup de fans et les gens me suivent énormément.

J’ai pu constater cette ambiance de fou au départ des Spartan ! Y a-t-il une bonne ambiance entre les athlètes élites ? Est-ce que des liens se créent entre vous tous ?

Oui l'ambiance Spartan est juste incroyable, je ne la retrouve nulpartailleurs et j'ai l'impression d'être dans un autre monde c'est bien pour cela que je reviens à chaque fois. Impossible de la décrire, il faut vivre l'événement pour s'en rendre compte.Personnellement j'adore le moment quand il faut entrer dans le sas de départ avec tous ces Spartiates qui sont prêts et déterminés à se surpasser dans cet univers de fou.Il y a un total respect entre les athlètes malgré l'esprit de compétition, c'est une grande famille et on rencontre souvent les mêmes personnes.Ce truc c'est comme une drogue, à peine franchit la ligne d'arrivée que tu penses déjà à la prochaine race. Et qui ne veut pas être un spartiate?!À force de voyager tous les week-ends, je me suis fait tout un réseau d'amis d'Italie, de France, d'Espagne, de Belgique... Je suis devenu très proche avec certains d'eux. D’ailleurs, j'organise même les voyages pour les compétitions avec quelques-uns.

Penses-tu que le niveau est supérieur outre-Atlantique. Les US (berceau de la Spartan) est-elle une destination dans ton viseur en tant qu’athlète Spartan ?

Oui je pense que le niveau est bien relevé aux États-Unis, surtout sachant que là-bas certains athlètes sont professionnels. Il y a un gros niveau dans les pays de l'est et nordiques aussi, sauf que les athlètes ne viennent pas dans notre partie de l'Europe mais sont au rendez-vous lors des gros championnats.

J'aimerais beaucoup passer quelque temps aux USA l'année prochaine afin de me rendre réellement compte du niveau qu'il y a là-bas et de peut-être pouvoir décrocher quelque chose. Mais avant ce projet il faut que je fasse mes preuves lors des championnats du monde qui se dérouleront aux États-Unis début octobre où tous les meilleurs spartiates viennent s'affronter.

J’ai pu constater cette ambiance de fou au départ des Spartan ! Y a-t-il une bonne ambiance entre les athlètes élites ? Est-ce que des liens se créent entre vous tous ?

Oui l'ambiance Spartan est juste incroyable, je ne la retrouve nul par ailleurs et j'ai l'impression d'être dans un autre monde c'est bien pour cela que je reviens à chaque fois. Impossible de le décrire, il faut vivre l'événement pour s'en rendre compte. Personnellement j'adore le moment quand il faut entrer dans le sas de départ avec tous ces Spartiates qui sont prêts et déterminés à se surpasser dans cet univers de fou. Il y a un total respect entre les athlètes malgré l'esprit de compétition, c'est une grande famille et on rencontre souvent les mêmes personnes. Ce truc c'est comme une drogue, à peine franchie la ligne d'arrivée que tu penses déjà à la prochaine race. Et qui ne veut pas être un spartiate?! À force de voyager tous les week-ends, je me suis fait tout un réseau d'amis d'Italie, de France, d'Espagne, de Belgique... Je suis devenu très proche avec certains d'entre eux. D’ailleurs, j'organise même les voyages pour les compétitions avec quelques-uns.

Penses-tu que le niveau est supérieur outre-Atlantique. Les US (berceau de la Spartan) est-elle une destination dans ton viseur en tant qu’athlète Spartan ?

Oui je pense que le niveau est bien élevé aux États-Unis, surtout sachant que là-bas certains athlètes sont professionnels. Il y a un gros niveau dans les pays de l'est et nordiques aussi, sauf que les athlètes ne viennent pas dans notre partie de l'Europe mais sont au rendez-vous lors des gros championnats. J'aimerais beaucoup passer quelque temps aux USA l'année prochaine afin de me rendre réellement compte du niveau qu'il y a là-bas et de peut-être pouvoir décrocher quelque chose. Mais avant ce projet il faut que je fasse mes preuves lors des championnats du monde qui se dérouleront aux États-Unis début octobre où tous les meilleurs spartiates viennent s'affronter.

Un coureur élite qui parcourt le monde au fil des courses peut-il en vivre ?

À mon avis en Europe il est difficile de pouvoir vivre de ce sport, il faut savoir que les athlètes ne sont pas rémunérés et les moyens ne sont pas les mêmes qu'aux USA. Ce pays est sans cesse en développement avec cette discipline qui connaît de plus en plus de succès. De nouvelles choses se créent en Europe aussi et je pense que ce n'est qu'une question de temps. Mon rêve serait de pouvoir vivre de cette passion et qui je l'espère se réalisera un jour.

Pour finir, que peut-on te souhaiter pour la suite et quel est ton prochain “gros” objectif ?

Que me souhaiter??? Que la force soit avec moi, du succès et de la gloire ;) les prochains gros objectifs sont les championnats d'Europe qui ont lieu dans trois jours en Écosse et du monde début octobre aux États-Unis.


Un grand grand merci à toi Greg ! Rendez-vous la semaine prochaine pour son témoignage sur sa diète "paléo" !

N'hésitez pas à l'encourager et le suivre via son Instagram ;) 

A Lire : J'ai couru une Spartan Race, partie 1

Commentaires

2 commentaires

lou

Merci ma Laura :) tu m'as bien fait rire avec le tunnel ! Le TFL est une douleur chronique au genoux souvent liée à la course à pied. Je ferai un article bientôt promis ! Bisous

Laura

Aie! J'ai eu mal pour ton genou pendant toute la lecture de l'article. Mais c'est quoi TFL? Au fait quand tu vois la lumière au bout du tunnel c'est mauvais signe, c'est que tu approaches de la mort en general ahah ;) Félicitations en tous cas, tu n'as rien laché jusqu'au bout, suis fière de toi xx